Vers 17 heures, après 3 heures de fuite en avant... j'ai sorti le dossier de ma sacoche.

Je l'ai posé sur la table de la salle à manger.

Je suis allée m'écraser sur le canapé pendant 15 minutes en espérant oublier qu'il était là à me narguer...

Je me suis dit qu'en le rangeant dans un tiroir ça irait mieux ! Et hop, ferme-la !

Mais Yunso a débarqué venant bousculer ma bataille intérieure... Une Yunso toujours plus folle à propos de ses deux colocataires et de leur hypothétique amourette :
- YUNSO : Tu permets ? Je vais observer le palier par ton judas... Ils doivent rentrer dans 5 minutes...
- MOI : Vas-y, fais comme chez toi...
- YUNSO : Heureusement que t'es là... Y'a que sur toi que je peux compter.

Je me demande pourquoi elle me dit ça, je lui parle pas... C'est sûrement ça qu'elle veut, qu'on la laisse mariner dans son jus et qu'on l'écoute sans broncher... Un dialogue vide, voilà ce qu'elle recherche.
- YUNSO : Tu vas voir, je vais les choper... Je vais bousiller leur couple... Des menteurs comme des arracheurs de dent.
- MOI : Il faudrait que tu leur parles... non ?
- YUNSO : Autant parler à un mur... Et pour leur dire quoi ? Hein ?

Exactement ça... un dialogue avec elle-même en somme. J'aurais mieux fait de me taire effectivement ! Ça la déconcentre. C'est bien Yunso le mur dans l'histoire...

Les deux garçons sont passés, et elle n'a rien vu.
- YUNSO : Je les aurai un jour... je les aurai !
- MOI : C'est bon signe si t'as rien vu...
- YUNSO : Ouais, t'as raison... peut-être que je me trompe... Tu me laisseras revenir ?
- MOI : Quand tu veux...

Trois secondes de lucidité, et hop elle retourne dans son tourbillon infernal !

Finalement, 5 minutes après son départ, j'ai rouvert mon tiroir. Rien ne rend plus malheureux que de faire l'autruche... C'est repousser la vérité aux calendes grecques, comme ce que fait Yunso.

Alors j'ouvre le dossier... mais je ne suis pas seule. Un pot de Nutella est à mes côtés, et il est tout neuf.