Un jour j'ai eu 16 ans puis deux mois plus tard je me suis mise à écrire un blog... sans trop savoir pourquoi. Je me suis jetée dans le vide et j'ai aimé ça.

Pendant 2 ans et demi j'ai été « grosse et moche » au quotidien. Une aventure douce-amère, parfois rocambolesque, parfois terrifiante, d'une orpheline un peu déboussolée.

Il y a bien eu quelques temps morts comme mon escapade (ou plutôt ma fuite !) lors de l'été 2013 dans le sud de la France, puis mon voyage improvisé à New-York l'été 2014... Mais à chaque fois ces pauses m'ont été imposées par le manque de temps, le manque d'accès à Internet... Bref c'était indépendant de ma volonté.

Mais depuis le 1er janvier 2015, c'est autre chose... un douloureux silence volontaire.

En quelques heures, mon fragile équilibre s'est désagrégé. J'ai perdu le goût de raconter ma pauvre vie. À quoi bon s'échiner à décrire sa propre misère... La décrire c'est somme s'y vautrer avec complaisance. On n'a pas envie claironner les moindres détails de sa chute vertigineuse.

Puis Charlie a achevé toute envie ! Je me suis même demandé à un moment si tout ça valait le coup. Alors qu'à côté de mon petit pré carré se jouait le sort d'un pays, peut-être même du monde.

Les partiels m'ont clairement donné une nouvelle claque : sûrement la confirmation que j'ai un peu de mal à trouver un sens à mes études...

J'ai commencé le mois de février, vidée ! Et surtout sans appétit... Un très mauvais signe ! La faim a toujours été le signal de mes émotions, bonnes ou mauvaises. J'ai la dalle quand ça va pas, je crève de faim quand tout va bien. Et là plus rien...

Oui, vidée, c'est bien le mot. Vide de sens, de direction, de destination.

Puis le destin est venu me chercher pour me donner un petit coup de pouce. Et depuis je reçois des signes en cascade... Le dernier en date est cette musique issue d'une comédie musicale née à Broadway (désolée, je vais encore paraître pour une fille cucu, fleur bleue, gnangnan... c'est sûrement la vérité !)...

http://perezhilton.com/tv/GLEE_Sarah_Jessica_Parker_Lea_Michele_Chris_Colfer_and_Naya_Rivera_Perform_At_The_Ballet/?id=874a01c7c55af#.VO9KQHyG98E

Laissez passer la pub, puis il faut faire play... Puis se laisser prendre par la mélodie sirupeuse... Et se laisser envelopper par les paroles...

Avez-vous compris le sens de cette chanson moins niaise qu'il n'y paraît ?

Dans un monde aride et brutal, il y a quelque part une bulle de bonheur qui nous attend, un univers protégé, un univers dans lequel on peut s'exprimer librement et rêver à sa guise, un univers plein de beauté, peut-être bien un univers artistique...

Bien sûr, pour un boudin comme moi ce ne sera pas la danse ! Il ne faut pas rêver ! Alors où est cette bulle de bonheur ? Dois-je encore passer mon temps à la chercher inlassablement ?

Mais bien sûr... la réponse était en moi.

Pourquoi ce vide, ce trou noir émotif depuis quelques semaines ? Qui coïncide avec mon silence... Une révélation... !!! En me taisant, j'ai tué mes émotions, et j'ai verrouillé cette bulle en m'interdisant l'accès.

Oui mes blogués, vous avez compris, comme moi... C'est ici ma maison.

« Everything is beautiful at the ballet, everyone is beautiful at the ballet, I was pretty at the ballet. »

La grosse et moche n'a jamais été aussi belle et pleine de vie qu'ici... Même si la vérité du monde est cruel, une fois retranscrite ici elle devient belle, aussi sombre soit-elle.

Mes blogués, vous êtes le public de mon « ballet »... Il ne me reste plus qu'à m'attaquer à ma chute afin de pouvoir remonter le plus vite possible en selle... ou plutôt en scène.

Alors voilà l'histoire de mon crash il y a presque deux mois...

Il était une fois une grosse et moche de 18 ans et demi qui n'arrêtait pas de se mettre dans les pires situations...