Quelle sensation étrange que de revenir ici après tous ces mois...

J'ai la gorge toute serrée. Je me doutais bien que ça me mettrait dans cet état. J'ai fui ce blog comme j'ai fui ma vie.

Pourtant j'étais persuadée que je pourrais construire une nouvelle vie ici au Québec... Mais cette période de fêtes est si intense ici au Canada... Les familles se retrouvent, s'aiment, s'amusent... Et ce Noël si euphorique commence dès octobre.

Je viens donc de subir deux mois interminables de doute.

C'est comme si j'avais abandonné ma famille... Alors que j'en ai pas officiellement ! Une explication docteur ?

La nostalgie n'a jamais été aussi forte. Je pense beaucoup à Ash et à David ces dernières heures... à la Mamie qui m'attend quelque part vivante... à Tatie B. qui doit inlassablement écumer les trottoirs parisiens, à la boulangère qui n'a plus personne sur qui cracher, à Alyssa et Grégoire qui doivent roucouler enfin en paix sans obstacle que je pourrais disséminer sur leur chemin...

Je me pose mille et une questions sur ce monde qui continue de tourner sans moi.

N'était-ce pas ma vraie famille finalement ???

Certes, je suis chouchoutée ici par la famille Lawson... Mais je me sens décalée et inutile.

Pourtant il y a bien eu un élément déclencheur fatal à cet abandon volontaire...

Je coulais des jours heureux à Montréal en septembre, je commençais à penser doucement à mon retour... Quand Ash m'a skypée de chez sa mère ! Rien qui vaille !

« C'est la caca, c'est la tata, c'est la catastrophe. Regarde là... Toute ta vie tient en un sac. C'est ce que j'ai réussi à sauver. »

On aurait dit un sac Leclerc sur la webcam. Avec un amas rose qui émergeait au dessus.

« Bon j'ai sauvé tous tes pyjamas roses, ouf ! Et puis ton blouson en cuir tout miteux que tu adores tant et que tu portes depuis que je te connais... aussi. Et pourtant il a fallu faire vite. Tout s'est effondré en quelques secondes. »

Le pire est arrivé ! Un truc que j'avais complètement oublié... Une casserole qui bouillait depuis longtemps. 

Et qui me pendait au nez.... Et qui allait bien ressurgir un jour ou l'autre !!!

Quand j'ai annoncé le drame à la famille Lawson, ils m'ont déroulé le tapis rouge ! Qui aurait dit non ? Le père Lawson a également utilisé son puissant réseau pour me trouver une formation à l'Université de Montréal à la dernière minute. Et la famille m'a trouvé une bourse et financé le reste ! Que demander de plus... ?

Vous vous dites peut-être que j'ai des milliards de choses à vous raconter ? Que nenni ! S'intégrer ici n'est pas chose facile même si les Québécois aiment bien les Français.

Quand on se parle, on réalise vite qu'on n'est pas vraiment liés pas la même langue !!! On se sourit mais il y a beaucoup de blancs... et d'incompréhensions !

Fin novembre, j'ai tenté de rejoindre une associations d'étudiantes... « Rondes et rebelles » !!! On m'a accueillie fraîchement : « T'sais ici, les filles sont pas comme toi, t'vas pas te sentir à ton aise... »

L'histoire ne dira jamais si j'étais trop grosse pour passer le casting... ou pas assez !!!

Car effectivement, s'il y a bien un effet positif à cette nouvelle vie nord-américaine... c'est ma perte de poids ! Alors pas sur la balance hein... Mais par rapport aux autres !

Parallèlement, la petite Jessica a bien grandi et n'a plus vraiment besoin de babysitter... Elle veut se maquiller et porter des soutiens-gorge ! Je ne suis pas vraiment de bon conseil dans ces deux univers car j'aime le naturel... sur moi !!!

Hier soir j'ai retrouvé mes glandes lacrymales qui étaient aux abonnées absentes depuis mon arrivée ! J'essaie de joindre Ash, j'essaie de renouer avec David malgré le gros malaise entre nous. Bref mon sentiment de déracinement me surprend alors que je ne connais pas le mot « racine »...

Comme vous le voyez, mes chers blogués, vous n'avez rien raté. J'ai mis ma vie sur pause ! Mais le film commence à s'échauffer et voudrait bien se remettre en route...

Pourtant je suis coincée ici, je suis coincée en France suite au tourbillon qui nous a tous séparés !

Mais je serais prête à remettre en jeu ma sécurité ronronnante actuelle pour retrouver le fil de ma vie là-bas chez vous.

Je n'attends plus qu'un signe.

Mes chères bloguées préférées, il n'est pas trop tard pour vous souhaiter un joyeux Noël et de joyeuses fêtes de fin d'année. Vous me manquez terriblement. Vous aussi je vous ai laissé tomber comme des vieilles chaussettes...

Pourtant les vieilles chaussettes se retrouvent souvent sur la cheminée à Noël... Mais il n'y a pas de place pour les miennes !!!