30 avril 2014

MERCREDI 30 AVRIL 2014 23H10 : VERY BAD-MINTON

Ben elle n'est pas venue aujourd'hui, elle n'a pas appelé, pas laissé de message... Est-ce qu'elle va me laisser mariner comme ça éternellement ?

Du coup ça me laisse l'occasion de vous raconter ma 1ère séance de badminton cet après-midi...

Quelques retrouvailles : Tina, Fatima... mais aussi Ash ! Seule ombre au tableau... il y a Rosette la Gothique mais sans ses deux acolytes. Malheureusement il y a aussi la prof que je déteste... Mais qu'est-ce qu'elle fait en badminton celle-là ?

« Bon alors bande de mollusques, j'imagine que si vous êtes ici c'est parce que vous connaissez tous ce sport de fillette ! Moi non !!! C'est bien pour ça... alors au boulot ! Et fichez-moi la paix... ». Franchement quand elle est comme ça, on dirait Sue Sylvester de Glee.

On dirait que c'est une punition, cette discipline pour cette prof... Je sens que le badminton va me plaire. Mais j'en ai jamais fait de ma vie... J'avoue que j'avais tendance à confondre ça avec le truc qu'on balance contre un mur et qu'on se récupère dans la figure.

Petite recherche Internet : le squash !!! Bon bah non c'est pas du squash, pourtant j'avais une petite envie de me défouler... Et comme la prof nous dit que c'est un sport de fillette, déception !

Les pros commencent à jouer et je me retrouve dans un coin avec mes deux « Cailleras Segro » :
- MOI : Mais vous êtes encore avec moi ?
- TINA : Ben on a chopé un 14...
- FATIMA : oim itou ! Ma millefa, elle m'a toujours traitée comme une bolossa...
- TINA : Itou, mais là c'est trop dare...
- FATIMA : Je suis dosée, on est dosées...
- TINA : C'est la fin de la bolossitude...
- FATIMA : Mais il faut rendre à César le César...
- TINA : Et c'est toi notre César, meuf ! Alors qui m'aime me suive... C'est ce qu'on a fait, on t'a suivie...
- FATIMA : Et puis on a fait ta pub dans notre immeuble... et
- TINA : Et t'es invitée, meuf, midi chez les négros !
- FATIMA : Soir chez les rebeus...
- MOI : C'est pas beau vos termes là...
- TINA : Ben y'a que nous qui z'avons le droit ok ?
- FATIMA : On banalise le terme...
- MOI : Ouh la, fais gaffe à pas trop bien parler...

Des vraies Cailleras divas, mais pas connes du tout, ça je l'ai toujours su..., enfin presque !

On découvre ce qu'est un volant, une raquette de badminton, un monde inconnu :
- TINA : J'ai le sum
- FATIMA : J'ai le summum du sum...

Mon dieu, elles deviennent des Cailleras poètes. Sûrement en me fréquentant.

Pendant 1h30, on a tenté d'envoyer un volant... ou plutôt de toucher un volant avec la longue raquette chelou...

En vain... Enfin si, quelqu'un a réussi mais on sait pas qui...

« Aïeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeuh » hurle Rosette la Gothique qui était en train de jouer un vrai match sur un vrai terrain et qui se frotte la joue toute rouge...

« Mais mais mais... je croyais qu'il y avait des pros ici... Va falloir que je sévisse ? » hurle la prof à son tour qui a reçu un volant sur son livre intitulé « Les règles du rugby ».

J'espère que c'est pas moi... En même temps je balançais pas le volant dans leur direction.

En parlant de notes, j'ai trouvé un courrier pas ouvert sous une pile vierge de factures à la maison, sûrement mon bulletin de 2ème trimestre, avec la note de piscine dedans. Basta, poubelle. La seule personne que ça pourrait intéresser c'est Rondin et elle a dû l'avoir, le bulletin... Ni vu ni connu on n'en parle plus.

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MERCREDI 30 AVRIL 2014 13H40 : LE REPIT...

« Mais c'est le jeune homme qui s'est enfui avec toi l'été dernier ??? Tu continues à le voir ? » lance Rondin avec mépris comme s'il n'entendait pas.

David a des serpillères, un seau rempli de produit d'entretien, des sacs poubelles :
- MOI : Mais...
- DAVID : Comme prévu je viens t'aider à nettoyer...
- MOI : Comme prévu ???
- DAVID : Et puis j'ai ramené deux amis avec moi...

Deux de ses potes de S qui ne m'ont jamais adressé la parole débarquent et me font la bise comme s'ils me connaissaient depuis toujours. Ubuesque !

Rondin est horripilée, mais elle n'ose plus parler, elle se gratte la tête...Et je décide de la provoquer gentiment... :
- MOI : Alors madame Rondin, vous nous aidez ?

Elle nous laisse commencer le nettoyage en se mettant dans un coin, sur une chaise, totalement déstabilisée.... Je dirais même, dépassée !

David met de la musique, tout le monde se met au travail dans la cuisine, ce qui nous donne l'occasion de discuter discrètement dans un coin en chuchotant...
- MOI : Mais qu'est-ce que c'est que ce plan ?
- DAVID : Je l'ai vue, ton assistante sociale repartir du bureau du Proviseur ce midi avec toi... et puis on ne parle que de toi dans tout le lycée... C'est facile de comprendre ce qui se passe...
- MOI : Tout le monde bave...
- DAVID : C'est pas aussi simple que ça... en tout cas t'es au centre de toutes les rumeurs... c'est pour ça que j'ai réussi à convaincre les potes...
- MOI : Grâce à des rumeurs ? Et c'est quoi le but ?
- DAVID : Tu croyais que j'allais te laisser repartir comme ça ? Je t'ai suivie à la sortie de l'école...
- MOI : Tu m'as suivie ?
- DAVID : Bref... J'ai vu que tu retrouvais ton assistante sociale ici, j'ai compris que ça sentait le roussi pour toi... alors ça m'est venu comme ça... C'est pour lui montrer que t'es pas toute seule... Qu'on tient à toi...
- MOI : Eux là ? Ceux qui se foutent de ma gueule habituellement ?
- DAVID : Ils sont là pour moi et pour voir le visage de la personne dont on parle le plus en ce moment... et pour voir le lieu... Je vais aller parler à ton assistante sociale...
- MOI : Mais t'es fou !

Avec un toupet fou, il va la cuisiner à tous les condiments : « Vous savez, on l'aime beaucoup Sarah... c'est beau ce qu'elle a fait... C'est la star du lycée maintenant... Je voulais aussi vous dire que si tout se passe bien je vais avoir mon bac S avec une mention Très Bien. Je prévois d'avoir 20 en maths et 18 en Physique-Chimie... »

Pauvre Rondin ! La moutarde lui monte au nez... ou bien l'harissa... ou le wasabi... ou les trois à la fois !

Ouf... Le téléphone de Rondin vient arrêter ce monologue publicitaire ridicule et probablement contre-productif : « Allô... oui ma chérie... dans le frigo, il y a des lasagnes... non dis à ton frère d'arrêter... passe-le moi... Ah non pas dans la prise électrique mon chéri... les doigts ? ... Passe moi ta sœur... Empêche ton frère de mettre ses doigts dans la prise... Je rentre bientôt... Encore... Mais oui je rentre... Quand ? Mais tout de suite, bientôt ? ... Ben oui je suis pas la porte à côté... Allô ! Allô ? Allô ! »

La victoire est proche... : « Bon Sarah, t'as gagné pour ce soir... mais je reviens demain sans faute. »

Une maigre consolation, un court répit...

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MERCREDI 30 AVRIL 2014 10H35 : TOUJOURS LA...

Hé oui... je suis toujours au lycée, toujours chez moi, toujours pas de retour au foyer... Une lueur d'espoir ?

Hier vers 18h15, je laisse Rondin pénétrer dans l'appartement... Elle hurle de terreur en voyant l'état de la cuisine... :
- RONDIN : Sainte Mère de Dieu Jésus Marie-Joseph !!! C'est un cauchemar...Mais qu'est-ce qu'il y a dans ce four ? T'es consciente Sarah que tu as mis ta vie en danger ?
- MOI : Mais c'est pas de sa faute... J'aurais dû mieux la surveiller...
- RONDIN : Comme moi j'aurais dû plus te surveiller... Enfin heureusement, tout est fini ! Tu es ma priorité n°1...
- MOI : Vous allez pas reparler de ce bac...
- RONDIN : Avec des notes pareilles ? Ah ben ça tu vas voir...
- MOI : De toute façon si vous m'emmenez loin d'ici, je ferai plus rien, je le planterai ce bac, moi j'en ai rien à faire !!! Y'a que vous que ça intéresse... Et puis je ficherai le camp comme l'été dernier...
- RONDIN : Ah non ! Et puis j'ai horreur du chantage...
- MOI : Vous pensez quoi ? Que je vais changer de lycée à six semaines du bac sans que ça me perturbe ? Chantage ou pas, vous aurez la responsabilité de mon échec sur la conscience...
- RONDIN, paniquée : Hé bien, je te change pas de lycée alors, mais tu devras faire le trajet tous les jours...
- MOI : J'aurai quoi, 45 minutes par trajet ? 1H30 de révision à la poubelle tous les jours...
- RONDIN : Tu m'énerves... Mais qu'est-ce que t'es devenue insolente... De toute façon, tu peux pas rester dans ce taudis grillé. Et puis ce n'est plus ta famille d'accueil depuis aujourd'hui, je viens de leur retirer l'agrément tu penses bien ! Donc légalement je peux pas te laisser là...

Je fais ma valise... mais soudainement, je pense à la seule chose qui me maintient ici :
- MOI : Vous aimez les animaux hein ?
- RONDIN : Bah oui, mais pas au détriment des hommes...
- MOI : Y'a une personne qui m'a permis de tenir pendant ces deux ans ici... C'est une personne qui est en train de mourir...
- RONDIN : Qu'est-ce que c'est encore que cette histoire ? Qui c'est ?
- MOI : Un Chien... mon Chien...
- RONDIN : T'as un chien maintenant ?
- MOI : C'est le Chien de la famille, la dame de la famille, elle le battait, je l'ai sauvé le pauvre toutou en l'emmenant chez le vétérinaire... Il m'a même pas fait payer...
- RONDIN : Mais il est où ce chien maintenant ?
- MOI : Il s'est asphyxié avec la fumée de l'incendie, il s'est jeté sous une voiture, il est entre la vie et la mort chez le vétérinaire, je dois aller le voir et dire au vétérinaire si faut le piquer...

Rondin s'exaspère... Je sens que ça marche... Mais la pression ne va pas s'arrêter là... On sonne à ma porte vers 18h45...

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29 avril 2014

MARDI 29 AVRIL 2014 17H20 : BRAS DE FER

Alors oui, c'était un tribunal, mais pas forcément les juges que j'attendais...

J'arrive à l'heure. Le Proviseur vient me chercher. Dans son bureau une inconnue est assise dos à la porte d'entrée et ne daigne pas se retourner à mon arrivée...

Je m'assieds. Et je tourne mon visage vers l'inconnue...

Pas si inconnue.

« Tu me dis pas bonjour Sarah ? », me lance Rondin, mon assistante sociale avec sarcasme. Elle n'est pas contente, du tout, du tout, du tout...

Et je rougis comme si j'avais commis un acte irréparable. Ah bah oui, j'en ai commis un.
- RONDIN : Tu te demandes ce que je fais là ?
- MOI : Non.
- RONDIN : Ah, tu t'attendais à me voir alors...
- MOI : Oui, enfin pas que vous, mais oui...
- RONDIN : Il faut bien que je vienne te chercher ici, parce que chez toi ça serait difficile...

Je ne sais pas ce qu'elle sous-entend, alors je me tais, toute penaude.

- RONDIN : Tu n'as rien à me dire ?
- MOI : Je crois que je sais pas par où commencer...
- RONDIN : D'abord tes résultats... Le proviseur vient de me dire que les professeurs attendaient plus de toi... Ensuite, j'attends toujours que tu m'envoies ton dernier bulletin...
- MOI : Oui... je sais... je suis désolée...

Je commence à me demander si elle est pas venue que pour ça. Ça en serait, un soulagement !
- RONDIN : J'imagine que t'as pas eu le temps de travailler... Ça c'est sûr... T'es tout sauf à tes révisions, hein...
- MOI : J'ai bien révisé pendant les vacances...
- RONDIN : Ah bah ça, ça m'étonnerait...
- LE PROVISEUR : Je vais vous laisser discuter quelques instants entre vous, j'ai des choses à voir avec ma secrétaire.

Il s'éclipse. Rondin hausse le ton.
- RONDIN : Je suis très déçue Sarah... Je sais tout, absolument tout, la Police m'a appelée, je suis abasourdie... Je croyais être enfin tranquille avec toi... mais non. Tu caches une veille dame malade chez toi pendant deux mois. Tu me fais croire que ta famille d'accueil va bien alors que tout le monde est parti... Le Monsieur de la famille me passe un appel totalement bidon alors qu'il est derrière les barreaux...
- MOI : Tiens parlons-en, est-ce que c'est normal que j'atterrisse dans une famille d'accueil comme ça ? Est-ce qu'elles sont toutes comme ça vos familles d'accueil ?
- RONDIN : Ne joue pas aux sarcasmes avec moi, Sarah, tu détournes la conversation. Pourquoi as-tu laissé la situation pourrir sans me prévenir ?
- MOI : J'ai un peu essayé... mais le destin en a décidé autrement.
- RONDIN : N'importe quoi !
- MOI : Ben oui c'est n'importe quoi de me mettre dans une famille d'accueil de tarés comme ça !
- RONDIN : Faut dire que t'en as éclusé une bonne dizaine ! Mais c'est vrai que c'est pas une raison.
- MOI : Comme vous me donnez pas de famille correcte, faut bien que je me la recrée, cette famille.
- RONDIN : Avec une vieille dame malade ?
- MOI : Elle est pas si malade ! Et c'est pas parce qu'elle est vieille qu'elle peut pas être ma famille...
- RONDIN : Tu mélanges tout Sarah...
- MOI : J'essaie de compenser le travail que vous faites pas, vous et votre aide sociale...
- RONDIN : C'est inacceptable que tu aies laissé cette famille dans l'inquiétude pendant des mois...
- MOI : Ils en avaient plus rien à faire de leur vieille Mamie ! Alors je l'ai récupérée. C'est du recyclage. Toute façon, c'est la seule qui me comprend et je suis la seule à bien vouloir m'occuper d'elle... Vous trouvez ça normal de la laisser crever toute seule ?
- RONDIN : C'est pas ton travail, ton travail c'est d'avoir ton bac, et d'éviter de passer ta vie au commissariat... Mais a priori c'est l'inverse qui t'intéresse.

Le Proviseur revient dans le bureau en plein milieu de la conversation :
- MOI : C'est pas vrai, j'essaie de tout concilier...
- RONDIN : Pour preuve, tes résultats scolaires bien sûr. Et tes notes au bac de français hein ? T'as fait juste le minimum hein... C'est ce que tu m'as dit. Mais t'as eu la moyenne au moins ?

Silence gêné de ma part. Je lui ai menti. Et le Proviseur qui a écouté d'une oreille, fronce les sourcils. Évidemment, lui sait combien j'ai eu l'année dernière et ne comprend pas... Rondin sent un micmac :
- RONDIN : Qu'est-ce qui se passe là ? Qu'est-ce qu'on me cache ? C'est encore pire ?
- LE PROVISEUR : Pourquoi vous lui avez rien dit, Sarah ?
- RONDIN : Qu'est-ce qu'on m'a pas dit ? Ouh je sens que je vais pas aimer ça... Tu m'as baladée depuis deux ans, Sarah, j'ai vraiment l'impression ! Raison de plus pour te ramener dès ce soir au foyer et tu n'en bougeras plus jusqu'à tes 18 ans !
- LE PROVISEUR : Sarah ?
- MOI : Oui je vous ai un peu menti pour le bac de français... Mais j'en peux plus de toute cette pression que vous me mettez, monsieur le Proviseur. Les profs me regardent bizarrement depuis le début de ma Terminale... Je sais pas comment j'ai fait, et je pense pas que je pourrais le refaire. C'est un coup de pot... et puis c'est tout ! Faut pas m'en demander plus...
- LE PROVISEUR : Un coup de pot ? A l'oral et à l'écrit ? Vous vous moquez de moi Sarah...
- RONDIN : Un coup de pot ??? Mais de quoi on parle...
- LE PROVISEUR : J'ai jamais vu des notes pareilles en trente ans de carrière...

Rondin déglutit, se frotte le visage, elle va faire une crise cardiaque...
- RONDIN : Qu'est-ce que vous êtes en train de me dire là ? Qu'est-ce qui se passe ici ?
- LE PROVISEUR : C'est fou ça, Sarah... Vous devriez être fière de vous...
- RONDIN : Je veux savoir, maintenant, sinon je vais faire une syncope.

Avec un petit sourire fier, le Proviseur lui donne mes notes de français et de TPE... Rondin se décompose, s'accroche au fauteuil, lève les yeux au ciel, je ne l'ai jamais vue comme ça... Elle tente de masquer son désarroi avec sa main... Elle se tourne vers moi puis vers lui puis vers moi de nouveau... Elle se met à tousser bruyamment... et sort de la pièce. Je vous l'avais dit, elle n'était pas prête à entendre ces notes...

Pendant ce laps de temps où nous nous retrouvons seuls, le Proviseur me fixe et me parle doucement :
- LE PROVISEUR : Je commence à mieux vous comprendre Sarah...
- MOI : Elle vous a tout dit ?
- LE PROVISEUR : Ah non elle ne m'a rien dit, votre vie privée ne me regarde pas, ce sont vos résultats qui comptent... Enfin... Je vous promets de ne plus vous en parler. D'accord ? Vous faites comme vous pouvez, encore mieux, comme vous voulez d'accord ?
- MOI : Oui...

Je ne vois pas trop où il veut en venir non plus. Est-ce qu'il se sentirait coupable de m'avoir trop mis la pression ??? Rondin revient, elle est dans un état... Elle s'est ébouriffé les cheveux mais semble un peu plus calme :
- RONDIN : Bon... laissez-moi reprendre mes esprits. Ça change beaucoup de choses... J'en reviens pas... Mais je pense que c'est impossible qu'un Proviseur me fasse une blague...
- LE PROVISEUR : Je vous confirme, je n'ai aucun sens de l'humour...
- RONDIN : Raison de plus pour ne plus te lâcher jusqu'à fin juin, je vais être derrière toi tout le temps et tous les jours...
- LE PROVISEUR : Ce n'est peut-être pas la meilleure solution...
- RONDIN : Quand on a de l'or entre les doigts, on le laisse pas filer. Je viens de tomber de mon fauteuil, ok... mais je te laisserai pas gâcher tout ça, Sarah, tout ça parce que tu te sens l'âme d'un Saint-Bernard...

Et voilà... Comment tout se termine. Je la retrouve à 18 heures à l'appartement, et je boucle mon paquetage pour toujours. Elle va m'enfermer à double tour dans son foyer pendant deux mois et me mettre dans le lycée juste à côté...

Adieu lycée, adieu quartier.

Mais c'est peut-être mieux comme ça... Qui s'en souciera ?

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MARDI 29 AVRIL 2014 9H10 : CONVOCATION MARTIALE

Je suis convoquée à 12h30 chez le Proviseur... Ça y est, c'est l'horreur qui continue... Alyssa a sapé ma réputation hier, sa mère la sape aujourd'hui à son niveau... et elle frappe fort : elle m'attend sans doute chez le Proviseur pour me régler mon compte après avoir échoué avec la Police. Elle va tout faire pour m'exclure du lycée ou quoi ? Tous les coups sont permis pour cette harpie qui a bien transmis ses gènes à sa fille.

Enfin... Tout ça n'est que pure spéculation. Mais j'ai de l'intuition, et là je le sens très mal !!! J'ai lu de la peur dans les yeux du prof qui m'a transmis le message... ou plutôt de la pitié.

Il sait que je vais passer un sale quart d'heure...

Amen

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28 avril 2014

LUNDI 28 AVRIL 2014 16H45 : LES INCONNUES DES TOILETTES

Entendu à la pause toilettes :
- INCONNUE 1 : La grosse affreuse là ?
- INCONNUE 2 : Ouais, le boudin quoi !
- INCONNUE 1 : Y'a plus grosse dans le lycée quand même...
- INCONNUE 2 : Tu dis ça parce que t'as pris du poids !
- INCONNUE 1 : Bah ça va, pas autant qu'elle ! Et puis me compare pas à elle, j'enlève pas les petites vielles moi pour les brûler dans les fours...

Elles explosent de rire... Ben ouais, on parle de moi !

Et là je ne sais pas ce qui me prend, j'ouvre la porte brutalement qui vient se claquer contre la paroi... Je les fusille de la pupille ! Elles ont l'air terrifiées...

Et là j'utilise mon arme fatale... Je leur rote ma dernière canette de coca à la figure !

Elles s'enfuient en courant, apeurées, ou dégoûtées.

Ça a l'air drôle comme je le dis, mais ça m'amuse pas du tout. Maintenant, tout le monde va me prendre pour une psychopathe sadique, amateur cannibale de vieilles... Un coup d'Alyssa, c'est sûr...

Ma réputation déjà pas bien fraîche est pourrie désormais ! De quoi me transformer en tête de Turc pour l'apothéose finale de ma vie scolaire...

Merci à toi qui tires les ficelles de ma vie ! Grrrr

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LUNDI 28 AVRIL 2014 15H10

J'aurais dû tout de suite comprendre...

Sonia, Rosette la Gothique et Alyssa jubilent de mépris et chuchotent dans mon dos. Elles ont l'air d'être au centre d'une histoire...

Ben oui, la mienne !!!

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LUNDI 28 AVRIL 2014 13H45 : LA PARIA

J'ai bien vu ce matin que tout le monde me regardait dans la classe à mon arrivée, puis ça n'arrêtait pas de se retourner pour me dévisager... ou bien pour décrypter ma cervelle.

A la cantine j'ai vu des regards autrefois indifférents s'appesantir sur moi puis se détourner avec mépris à mon approche... De la curiosité malsaine ? De la peur ?

Ash est un mur de glace depuis ce matin... C'est très mauvais signe.

Mais que se passe-t-il ?

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LUNDI 28 AVRIL 2014 7H45 : LE VIDE

Une brosse à dents, un pyjama jaune, et c'est tout !

Voilà ce qu'il y avait dans le sac à dos de David.

Après avoir fini le bucket, je commence à m'endormir. Et là, tout joyeux, il me sort son attirail de nuit !

Mauvaise réaction de ma part : « C'était calculé ? Moi, tu sais, je préfère la spontanéité »

Ça ne lui a pas plu, il est parti quelques minutes plus tard en remballant son pyjama. En me faisant la bise tout de même, deux bises même, des bises d'amis. Bises qu'on ne se fait jamais.

Quelques instants après son départ, j'ai commencé à ressentir l'angoisse du vide, du silence... avec des souvenirs à la pelle de ces deux dernières années...

Quand on vivait tous les trois avec le Chien... Les deux mois d'horreur avec la Vieille, les deux mois de bonheur avec la Mamie... Qu'est-ce qui m'attend ces deux prochains mois ? Brrr j'en ai froid dans le dos.

J'aurais dû laisser David rester. J'ai eu peur toute la nuit. Des fantômes, des intrus, de moi-même...

Et là le lycée m'attend... un calme bien mérité. Mérité ? Calme ?

 

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27 avril 2014

DIMANCHE 27 AVRIL 2014 18H55 : CRACHER SES POUMONS !

Vers 18h, David m'a envoyé un SMS : « Je suis là où je t'attends toujours »

Je le retrouve bien sûr sur notre banc, habillé en tenue de sport :
- DAVID : Je me suis habillé au cas où...
- MOI : Je suis pas d'humeur...
- DAVID : T'as l'air très fatiguée...
- MOI : Dure semaine...
- DAVID : Je voulais pas te déranger maintenant que tu vis tranquille avec la vieille dame...

Et là je fonds en larmes irrémédiablement... Il se rapproche de moi sans me toucher, je sens qu'il ne sait pas quoi dire, ni quoi faire...

« Et si tu me parlais en courant Sarah... Ça sera plus facile hein ? »

Je l'ai laissé monter pendant que je me changeais...

« Mais Sarah, qu'est-ce qui s'est passé ici ? Y'a eu le feu ou quoi ? Et où elle est ? »

Et là, re-fonte de larmes. Durant les premiers pas, chaque foulée s'est accompagnée d'un sanglot. Ce n'est qu'en haut de la Butte Montmartre, après avoir craché tout mon chagrin et tous mes poumons, avec un Paris lumineux plein de vie face à nous qui nous tendait les bras, que j'ai eu le courage de tout lui raconter, TOUT.

Un long récit sur le retour, sans qu'il m'interrompe, sans qu'on se regarde. Comme une confession.

Mon histoire l'a laissé pantois jusqu'au bout, presque gêné. Au moment de se séparer, il a été fuyant. Je sais pas pourquoi. Peut-être se sent-il responsable lui aussi ?

Résultat : fin des vacances en montagnes russes. Première semaine studieuse et affectueuse. Deuxième semaine au bout du rouleau désertée de tout être vivant.

Bilan : la solitude est mon destin, quoi que je fasse.

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